Fondu et précision
ou les hésitations d'un aquarelliste par Elodie Kohler Bienvenue dans le monde d'eau et de lumière de Jean, où quelques gouttes de couleur se métamorphosent en paysages d'ici et d'ailleurs. Bien que Jean dise que l'aquarelle n'est que l'un de ses nombreux passe-temps, c'est pour lui peut-être un peu plus que cela, car la peinture d'eau le rattache à son enfance et à ses racines. C'est assis près de son grand père qu'il a appris à regarder la beauté de ce qui l'entoure et les techniques lui permettant de transcrire cette émotion sur du papier. Le monde des aquarelles de Jean est presque exclusivement composé de paysages: une gare oubliée du Sundgau, une vue du lac d'Alfeld, un chateau médiéval du Périgord, une baie au Vietnam. Des forêts sombres et dorées, des lacs verts, des ciels bleus, humides d'avoir évaporé les brumes du matin, forment le panel de couleurs chatoyantes et profondes qu'on retrouve d'une oeuvre à l'autre. Plus que des couleurs, ce sont des luminosités, des textures et des sensations que Jean recherche dans la densité des ombres bleutées des sapins, dans la chaleur des murs ocres d'une ruine au soleil, dans le rayon oblique d'une fin d'après-midi qui illumine une maison à travers le feuillage. Entre fondu des plages de couleur et netteté des contours se glisse cette respiration calme et puissante de la nature, que Jean parfois arrive à retranscrire. Quand il peint, il ne dit rien. Meï-liy sait bien qu'il ne faut pas le déranger, tout au plus regarder. Car c'est grâce à ce silence qu'il peut entrer dans le paysage: son pinceau lui sert alors à mesurer l'immensité de l'espace qui s'offre à son regard, à s'en imprégner, à faire corps avec cette majesté mêlée de fragilité et d'évanescence. Une esquisse est à la fois un défi et un moyen pour lui de se ressourcer. Ses paysages parlent de sa vallée ( la plus belle du monde , bien entendu !) mais aussi de ses treks et autres randonnées: de Sewen à Madagascar, quelques coups de pinceau suffisent pour voyager. Ainsi, ses aquarelles sont pour toujours à la fois un souvenir et une fenêtre qui permet de repartir là-bas, d'être ailleurs. Les murs de son salon n'en sont donc pas simplement embellis: grâce à ses aquarelles, Jean peut à tout instant partir dans des lieux qu'il aime et qui l'on marqué. Et quand il ouvre son carton à dessin, il nous autorise à voyager à ses côtés. (merci Elo) |
![]() |